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Sur la route

Dans le rétroviseur du Mixbus: Festivaler au Festif! de Baie-Saint-Paul

Par Isabelle Langlois - Mixbus
14 octobre 2022

Le Festif! de Baie Saint-Paul demande une bonne préparation : réserver ses billets en ligne patiemment parce qu’on se les arrache, dormir sagement toute la semaine d’avant et visualiser sa programmation de rêve qui laisse assez de temps pour les spectacles surprises qui s’ajouteront au cours de ces 4 jours éclatés. Le Festif! a le potentiel d’être une discipline sportive tellement tu peux y dépenser toute ton énergie! Et c’est exactement ce que j’ai fait avec ma gang d’amis pour cette 13e édition qui restera dans les annales.

Nous sommes arrivés dans un Charlevoix bouillonnant le jeudi soir pour les spectacles tant attendus de Pierre Kwenders, Bran Van 3000 et Polo & Pan. On sent la fébrilité dans l’air pour ce Festif! tout spécial post-Covid dont la Place Desjardins est pleine à craquer. C’est le retour des gros shows et des fameux spectacles change over dans l’escalier de secours voisin du stage principal qui présente toujours des artistes non-annoncés. Les festivités sont bien commencées quand DRAME : les éclairs se pointent au loin et le déluge nous frappe! Le festival est dans l’obligation d’annuler Polo & Pan et une série de concerts extérieurs. Toutefois, ce qui fait la beauté du Festif! c’est qu’on peut toujours compter sur la foule qui s’y présente chaque année. C’est avec candeur que tout le monde s’éparpille dans la ville de Baie-St-Paul à la recherche de la nouvelle aventure qui sauvera la soirée. La municipalité grouille de festivaliers bon enfant, ça ne peut que bien aller!

C’est précisément ce qui nous arrive quand on croise le garage du curé, un des rares sites qui n’a pas annulé sa programmation à cause des orages. La foule s’y masse, détrempée mais euphorique pour Daddy Long Legs. Le Festif a notre « back », impossible de s’y décourager.

Le lendemain nous réserve des surprises encore plus magiques. On se rend au quai pour le spectacle de Lou-Adriane Cassidy quand à la toute fin mon cellulaire vibre. L’application du Festif! envoie une notification qui me fait crier de joie : Vincent Roberge des Louanges joue en solo dans quelques minutes au bout de la plage. Rapidement, son piano est entouré de centaines de spectateurs emballés. Des nageurs arrivent de la Baie en maillot pour se positionner aux premières loges sur les rochers. La scène est digne d’un film!

Ce n’est pas mon seul spectacle marin, parce que le Festif! a développé une légendaire scène qui vogue dans la rivière du gouffre. Oui. UNE SCÈNE FLOTTANTE! Tout le monde y assiste en costume de bain, le popotin bien confortable dans l’eau. C’est l’occasion d’applaudir en éclaboussant son voisin et de faire du wet body surf sans peur de se faire mal. J’y ai vu un Geoffroy tout en douceur et un P’tit Béliveau survolté. Ce dernier a quitté la scène en se propulsant dans la rivière à travers les kayaks, tubes et embarcations loufoques (comme un gigantesque cygne gonflable digne d’un clip de Miley Cyrus).

Après m’avoir dandiné sans arrêt, j’avais besoin d’une pause donc on s’est dirigé vers le parvis aménagé en spot de chilling par excellence pour l’occasion. Le site déborde de bean bags, hamacs et petits îlots pour se rejoindre en amis. On y savoure de généreux cocktails et on y mange des bonnes bouffes de restaurateurs locaux. Je vire complètement dingue et j’y chasse les ecocups laissés à l’abandon un peu partout… Je me ramasse une bonne cagnotte qui fait exploser ma motivation et mon budget bières de micros. La pause est de courte durée parce que mon cellulaire sonne de nouveau et c’est le temps de courir voir un nouveau concert inattendu!

On s’aventure sur la rue St-Jean-Baptiste qui est submergée d’animation de toute sorte : shows de musique, circassiens, shows ambulatoires : un trio de mémés en vélo vient nous niaiser, des échassiers inspecteurs de police nous font faire des sauts, une parade d’insectes flûtistes nous hypnotisent… Tout à coup, un pick up apparaît avec sa boîte remplie de bières. « C’est gratuit, prenez-en! » Est-ce que tout ça est un rêve? La journée aurait pu s’arrêter là et j’aurai été amplement satisfaite, mais rappelez-vous de mon analogie au sport. Le marathon n’est pas fini!

Le soir même c’est au tour de Bon enfant, Clay and Friends et Hubert Lenoir de nous faire danser. Une marionnette géante se promène dans la foule pour nous divertir, comme si on ne l’était pas assez! L’ambiance est électrique et j’ose même faire mon premier body surf. Une fois les spectacles de la grande scène terminés, on se lance pour les afters un peu partout en ville et c’est à ce moment qu’on tombe sur une des différentes fanfares qui jouent lors du weekend. La foule s’attroupe autour et on suit joyeusement la marche en dansant sur leur rythme. J’essaie de ne pas me coucher trop tard parce que le samedi est la journée la plus chargée en spectacles.

Cependant comble de la malchance, la météo n’est pas du côté du festival. La pluie vient et repart tout au long de cette journée chargée à bloc : Salomé Leclerc, Tire le coyote, DIJAH SB, Les lunatiques, les Hay babies et bien d’autres. Malheureusement même si les festivaliers sont prêts à affronter la tempête, l’organisation doit de nouveau annoncer de manière crève-coeur que Lisa Leblanc et Salebarbes sont annulés à la scène principale. De grands vents cassent des branches d’arbres au camping Go-Van et même de l’équipement à la grande scène principale. Tout mon respect à l’organisation qui a les reins solides pour porter son événement dans l’adversité.

Je recherche une alternative et le son de la basse me dirige à l’auberge des Petits Oiseaux. Surprise encore, Qualité Motel fait un DJ set bien installé sur’le top d’un spa! Je poursuis la soirée avec 20Some, Lary Kidd et ma découverte du weekend The Schizophonics. Le chanteur est complètement déjanté et s’élance d’un bout à l’autre de la scène sans aucune crainte pour la solidité de ses genoux.

La nuit s’étire jusqu’aux petites heures du matin où arrive l’ultime concert des festifs à 4h30. Saratoga joue à l’aube devant un paysage grandiose. La foule est composée de couche-tards et de lève-tôt. On devine facilement par les visages bouffis ou la démarche qui est qui!

Le dimanche n’est pas de tout repos et on enchaîne avec un pop up bouffe qui nous dirige tel un fil d’Ariane vers les spectacles de Laura Niquay et Martha Wainwright au quai. C’est la journée la plus hip hop avec par la suite Emma Beko, Sarahmée, Koriass et Loud. Pour le côté dramatique j’imagine, Mère Nature donne une dernière bonne douche aux festivaliers qui sont restés jusqu’à la toute fin. Ça nous permet de couper le cordon et de mieux accepter que c’est déjà terminé pour cette merveilleuse édition.

L’événement a tellement bien choisi son slogan parce que je n’ai qu’en tête: « J’ai hâte au Festif! »


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